06 juillet 2008

Paroles du scribe - 2/3

"La douce lumière du matin, par une journée radieuse, a secrètement quelque chose de commun avec le pardon."

"Le seul bonheur désespéré est de se donner corps et âme à ce qu'on aime. Quand bien même on sait que d'avance perdue est la partie."

"Nous sommes là, dans l'État de Poésie - et ceci dit sans emphase - pour unir le Ciel et la Terre. A notre niveau, bien entendu, et à notre mesure, comme l'a fait, dans la plénitude de sa relation au «Père», le Christ."

"Et toujours, et plus que jamais, le sentiment, pour moi, en dépit de l'âge, que tout commence. Parce que tout, sans doute, avec la mort, ne fait, pour chacun, que commencer. Ou si on veut encore: l'âge terrestre venu, on va vers la jeunesse de l'éternité."

"Semer sans se préoccuper de la moisson."

"Servir les autres, c'est servir la vie."

"Le pire en ce monde est de prendre le parti des vainqueurs. Et des personnages à succès."

"La seule concentration véritable - d'où le moi est banni - est dans la prière. Où même les turpitudes et les misères de notre moi sont transfigurées par la relation qui s'établit avec la Source. Et c'est le don total de nous-mêmes, avec le pire donc en nous, qui dans ladite prière transforme les ténèbres en lumière."

"Le silence du matin, la concentration, l'écoute des moindres bruits au-dehors, la fidélité inconditionnelle à la Source, voilà ma demeure favorite à chaque jour. Sans cesse ouverte au ciel parce qu'ayant ses assises sur terre."

"Au coeur de l'État de Poésie, l'État de Prière - sans paroles - qui est comme un rendez-vous, dans le silence, avec la Source. Et c'est de ce rendez-vous que naîtra la parole chargée de témoigner de tout ce qui fonde, à la fois, dépasse et magnifie toutes choses sur cette terre."

"Le visible n'a de valeur que parce qu'il porte en lui l'invisible. Qui le fonde. De même, si on ne vise pas l'impossible, le possible peu à peu se dissout. Ne laissant en nous qu'un grand vide."

"Ne jamais outrepasser ce qu'on est à cause d'une idée qu'on trouve belle ou enviable. Et qui n'est en fin de compte qu'illusion et mensonge. Mais être ce qu'on est dans notre minuscule empire. Là est le trésor (parce que là est notre coeur)."

"Me paraît que ce qu'il y a de plus important dans la vie des hommes - de chaque homme - c'est la prière."

"J'ai trouvé ma voie - se dit le Scribe -: c'est la station immobile. Car c'est à partir de celle-ci que commence le vrai voyage. Qui est descente intérieur vers le Centre. Et qu'est-ce qu'il y a au centre du Centre, sinon la Source. Invisible mais présente. Silencieuse mais parlante de par son silence même."

"La confiance ne se justifie ni ne s'explique. Elle se vit."

"C'est dans le silence qu'on est le plus relié au mystère."

"Le malheur des être qu'on aime, immanquablement nous ramène à un état de prière. Non pour soi, mais pour eux et, à travers eux, pour tous ceux qui, de par le monde, souffrent également."

"Mystère des mots. Suffit d'en écrire quelques-uns pour se sentir tout à coup, au milieu de la tempête, apaisé."

"Le grand homme est celui qui agit. Non celui qui parle. Mais le Christ, lui, agit et parle. Son dernier acte: la Résurrection. Et pour les paroles, quelles paroles! Inscrites dans l'éternité."

"Ce qui est puissance dans le monde visible devient, dans celui de l'invisible, impuissance. Et c'est bien pourquoi ni le pouvoir, ni l'argent, ni le sexe n'ont cours en ce dernier."

"Non pas chercher. Attendre. Non pas même attendre, mais faire en soi le vide. Pour que, sans obstacle, en nous soit la venue de l'autre."

"L'écriture est à l'image de tout être humain: dérisoire et néanmoins nécessaire."

"C'est quand on ne cherche pas à influencer autrui que sans doute on rayonne le plus."

"Le véritable amour, pour un être, ne passe pas par la parole."

"Rester sur une chaise, assis, à l'arrivée de l'aube. Et regarder le ciel. Le regarder longuement. Que de choses alors qui ne sont ni la chaise, ni l'aube, ni le ciel nous seront révélées. Qu'aucune science ne nous apprendra."

"Pour être vraiment avec le monde, tourner le dos au monde. Non pour s'y dérober et le fuir. Mais pour le rejoindre intérieurement et, à travers le royaume invisible, le revivifier."

"Quand bien même, en ce monde asphyxié par l'économisme et la technologie, plus personne ne lirait de poèmes, si ceux-ci nous viennent, les écrire."

"C'est dans le silence qu'on perçoit quelque chose comme le bruissement de la réalité. Le coeur de l'invisible. Que l'on sent palpiter également pendant qu'on écrit. Et qui n'a rien à voir le plus souvent avec ce qu'on écrit. La part cachée de l'écriture. La plus précieuse peut-être."

"Il n'y a de paix véritable que dans le pardon."

"Dix minutes de TV avec les spots publicitaires et la seule tête de certains présentateurs, et on pense aussitôt à Bernanos: «L'homme mourra de bêtise.»"

"C'est précisément quand tout vous est contraire ou hostile - dans le désert intérieur - que plus nettement se dessine la voie. C'est donc un bienfait et même un grâce, par moment, que le «rien ne va plus»."

"Plus la faute est grave, plus précieuses sont les larmes de qui en prend conscience."


Georges Haldas

PAROLES DU SCRIBE

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