15 avril 2008
Je suis

~ Luciole MySpace ~
Je suis le tout début
D'un silence sans fin
D'un poème ambigu
D'un dédale cartésien
Un réveille-matin
Qui préfère quand il dort
Un brin d'herbe rêvant
De devenir bouton-d'or
Je suis la page blanche
Qui rêve de noirceur
J'suis l'oiseau sur la branche
Qui rêve de profondeur
Je suis un court instant
Qui veut être infini
Et même le beau temps
Qui n'aime que la pluie
Je ne suis qu'une porte
Qui veut rester ouverte
Je suis la feuille morte
Qui pleure sa couleur verte
J'suis le verre à moitié vide
Ou bien à moitié plein
J'suis la salle qui se vide
En attendant le lendemain
Je suis la carte postale
Que l'on n'envoie jamais
Je suis le matin pâle
Qui ne rêve qu'à sa soirée
Et je suis l'édredon
Qui cherche la fraîcheur
Un drôle d'Apollon
Qui admire sa laideur
J'suis le mot sur le bout d'la langue
Qui voudrait t'arriver
J'suis la tête qui tangue
Et qui aimerait bien s'poser
Sur l'bord de ton épaule
Sur l'bord de tes pensées
Pour oublier mon rôle
Rêver autour d'un thé
Car je n'suis qu'une tasse
Qui veut être vidée
De toute son angoisse
Par tes lèvres, un baiser
Je suis le noeud dans la gorge
Qui voudrait se dénouer
Une boucle de tes cheveux
Et la boucle est bouclée
Luciole
04 avril 2008
La nuit
Ça commence par un moment de flottement, quand le soleil recule
Un parfum d'hésitation qu'on appelle le crépuscule
Les dernières heures du jour sont avalées par l'horizon
Pour que la nuit règne sans partage, elle a gagné, elle a raison
En fait j'aime cet instant, je vois le changement d'atmosphère
Et si j'y pense un peu, je me demande comment ça peut se faire
Ce miracle quotidien, le perpétuel mystère
Qui fait qu'en quelques secondes on passe du côté obscur de la terre
Voici une ode pour la nuit, les nuits, les miennes, les tiennes
Je ne sais pas comment tu les vis, moi mes nuits m'appartiennent
Je les regarde et je les visite, c'est mon royaume, mon château
Je les aime et c'est tant mieux parce que j'aime pas me coucher tôt
Je te parle pas des nuits parisiennes, des lumières et des décibels
Je préfère celles du silence et de la pénombre qu'est si belle
Je te parle pas des nuits en boîte, celles des branleurs et celles des poufs
Je préfère les trottoirs vides, quand la ville reprend son souffle
Comment exprimer ce que la nuit m'inspire
Ce qu'elle nous suggère et ce qu'elle respire
Ce moment d'obscurité qui met en lumière nos fissures
L'ambiguïté en manteau noir, la nuit fait peur, la nuit rassure
Dans ta nuit, la journée qui vient de finir se reflète
Tu fais ton petit bilan, journée de galère ou jour de fête
Si t'as peur du lendemain tu penses aux proverbes un peu balourds
"La nuit porte conseil ou bien "Demain il fera jour"
Voici une ode pour la nuit, douce nuit d'été ou longue nuit d'hiver
Nuit calme et reposée ou nuit trop riche en faits divers
Nuit blanche lors d'une nuit noir ou même la lune s'est dérobée
Je te propose juste quelques photos de notre monde face B
Voici une ode pour la nuit qui nous a vus remplir tellement de pages
Qu'à cet instant je la fixe sur ma feuille comme un hommage
Elle offre aux poètes tellement d'heures sans bruit
Qu'à ce qui paraît la nuit tous les stylos sont pris
Grand Corps Malade
Enfant de la ville

