Hurluberlu

Des paroles et des mots qui m'inspirent, qui me parlent et que j'aime...

05 octobre 2008

sentier1

Je pose un pas toujours plus lent dans le sentier des signes qu'un seul froissement de feuilles effarouche. J'apprivoise les plus furtives présences. Je ne parle plus, je n'interroge plus, j'écoute. Qui connaît sa vraie voix?

Les oiseaux du matin tissent et trouent à coups de bec une mince toile de musique. Un roitelet me suit dans la paix. Qu'importe si la prison du temps sur moi s'est refermée? Je sais que tu ne m'appelleras plus. Mais tu as choisi tes messagers. L'oiseau perdu, la plus tremblante étoile, le papillon des âmes, neige et nuit, qui essaime aux vieux saules, tout m'est présence, appel; tout signifie.

Gustave Roud
Requiem

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08 septembre 2008

arbre

Hors du temps, soustrait (imaginons-nous) au caprice de la lumière, de la saison, de notre individu momentané, quelque chose existe qui s'est une fois pour toutes incorporé au paysage et à nous-mêmes, un bonheur né d'une rencontre et que nous retrouverons si cette rencontre se renouvelle.

Gustave Roud
Petit traité de la marche en plaine

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30 avril 2008


Bonheur est un de ces mots étoiles qui s'évanouissent sous un regard trop fixe, mais dont un glissant coup d'oeil saisit l'étincelante présence.

Gustave Roud

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13 avril 2008

cerisier
Photo: Reno

Les cerisiers fleuris, blanc sur argent; joie tendre d'être seul avec mes pensées, mes sommeils, mes rêves au coeur d'un beau pays d'avril vert rose noir jaune et bleu, sous un ciel de mouvants nuages. De hautes averses blanchissent l'horizon, le soleil éclate et brûle en silence ma nuque. Un cerisier s'allume, s'éteint.

Gustave Roud
Feuillets

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02 avril 2008

Point de vue

relfets
Photo: Reno

Pour retraverser tant d'années, il suffit parfois d'une colline à redescendre: sitôt la rivière atteinte, votre pas d'homme a disparu; un pied d'adolescent casse les roseaux secs, froisse les poésies, les feuilles mortes et redessine au sable de la rive la même empreinte jadis noyée par les grandes eaux. Quelques larmes de moins, le sentiment plus aigu d'une ignorance illimitée, les désordres du sang domptés ou mués en puissance continue - tout cela n'est que nuances et n'introduit pas de différence profonde entre la rêverie ancienne et la nouvelle, au bord de la même eau sans profondeur sous sa carapace de reflets miroitants. Qu'est-ce que ce monde veut dire ? Et s'il n'a pas de réponse à nous donner, pourquoi feint-il sans trêve un discours ? Maintenant comme jadis, cette fuite et cette présence simultanées à mes pieds de l'eau perpétuelle murmurent indéfinissablement quelque chose et je sursaute quand le merle me scande (c'est bientôt la nuit) une question indubitable.

Gustave Roud
Air de la solitude

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