Hurluberlu

Des paroles et des mots qui m'inspirent, qui me parlent et que j'aime...

13 juillet 2009

Éclair serein

Très en dessous des eaux
je me tiens solitaire
J'éclaire vos visages
Ils me paraissent beaux
Maintenant à distance
je revois mieux cet or
qui brillait dans vos yeux
sur vos mains, sous vos pas
Je revois peu à peu
monter des profondeurs
ce Noël sous-marin
qui calme nos terreurs
et nourrit le matin
Je vous vois mes amis
du fond de ce destin
où je sais qu'un beau jour
nous serons réunis
Comme au temps de jadis
les dix doigts de la main
Je vous vois mes amis
dans un éclair serein

Georges Haldas
Estuaire de la mort

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03 juillet 2009

Désert intime

La voix de Dieu s'est tue
Et seul dans les jardins
le soleil parle aux pauvres
Nous vivons tous
dans un désert sans fin
où notre coeur attend
Nous allumons des feux
Qui donc parmi les pierres
fait refleurir la vie ?
Qui nous parle de près ?
Restons dans le désert
Nous y serons un jour
visités en secret

Georges Haldas
Estuaire de la mort

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15 juin 2009

Rendre grâce

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Rendre grâce à tout et à chaque seconde qui passe. Rendre grâce à la lumière. Et au fait d'être là, vivant encore, et avec des facultés à peu près intactes. Rendre grâce aux jours qui croissent. Rendre grâce aux heures, avec, chacune, sa particularité. Rendre grâce aux choses, autour de nous, familières. A ce vin sur la table. A ces noix sur une assiette. Rendre grâce aux arbres et aux oiseaux. Aux cloches de l'église qui sonnent. Rendre grâce à la Petite Fontaine, à qui, chaque jour, je rends visite. Rendre grâce, oui, à tout ce qui passe et qui, en nous, ne passe pas. Rendre grâce au silence à partir duquel la parole peut prendre son essor. Rendre grâce à la parole, si imparfaite soit-elle, et qui néanmoins nous permet de rendre grâce. Rendre grâce, bien sûr, à la Source, par qui toutes choses sont. Rendre grâce aux vivants et aux morts, et à leur secrète communion. Rendre grâce au soir qui vient et à l'aube où tout, semble-t-il, recommence. Rendre grâce au merle. Au vent dans les feuillages. A la main qui verse un peu de vin. Coupe le pain. Bref, et encore une fois, rendre grâce à tout. Même à la mort, quand elle vient. Rendre grâce enfin au fait qu'on en finirait pas de rendre grâce, car nul ne peut, par ces mots, rendre grâce à l'illimité. Mais à cette impossibilité même il faut rendre grâce, en ce qu'elle nous fait prendre la mesure de nos limites. Que seul excède le fait de rendre grâce.

Georges Haldas
L'ORIENT INTÉRIEUR

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19 mai 2009

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Dans ma chambre
aujourd'hui solitaire
j'allume une bougie
Pour travailler encore
Pour revivre ma vie


Georges Haldas
La blessure essentielle

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05 mai 2009

Les mots

lesmots

Les mots sont les oiseaux
de notre solitude
les mots nous sont donnés
pour aimer pour nommer

pour rappeler la vie
pour fixer la patrie
pour protéger les lieux
pour couvrir les abîmes

pour accepter la nuit
pour déjouer la mort
et pour donner appui
aux faibles et aux forts

ô Toi qui fis la terre
je Te nomme et Tu luis
Tu dis paix sur la terre
le ciel se réjouit.

Georges Haldas
Poèmes de Jeunesse

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06 septembre 2008

Paroles du scribes - 3/3

"A travers un rien, l'ouverture à tout."

"C'est dans le désert qu'il faut faire jaillir l'eau de la Source. Bref, tenter de devenir soi-même oasis."

"Même si Dieu n'existait pas, il vaudrait la peine de l'inventer. Mais soyons tranquilles, il existe. Et bien au-delà de nos inventions."

"Le pardon est la seule lumière qui transfigure."

"Il y a des choses qu'il faut entreprendre. Ne serait-ce que par rapport à soi-même. Pour se mettre au clair ou se situer. Sans se préoccuper de ce que les autres peuvent penser ou ne pas penser."

"C'est seulement quand on descend en soi-même qu'on entre véritablement en relation avec la Source."

"L'énergie, dans l'État de Poésie, c'est de tout rassembler en quelques mots. De tout faire sentir sans enseigner."

"La seule présence d'un être nous donne plus, souvent, que tout ce qu'il pourrait faire pour nous."

"La conscience de n'être pas à la hauteur de la tâche qu'on entreprend ne doit pas nous empêcher de la poursuivre. Car ce serait par avance se priver des imprévisibles ressources qui en cours de route peuvent nous être données. Nous permettant de nous dépasser nous-mêmes. Ou, en d'autres termes, se priver de l'heureuse rencontre en nous de l'autre. Qui nous aide à faire ce qu'on n'aurait pu faire par nos propres forces."

"Le seul temps qui ne soit pas perdu est celui de la prière."

"Le miracle de l'émotion poétique est dans son surgissement."

"L'acte de prier est solitaire. En même temps qu'il nous met en relation avec tous."

"Vivre dans la confiance et par la confiance - en la Source - mais si possible n'en pas parler. Que cela se sente - si cela doit se faire sentir - de par notre seule manière d'être. Et de vivre."

"On n'est vraiment soi-même que lorsqu'on n'impose rien à autrui."

"Dieu la Source n'est pas là pour nous épargner les épreuves. Il est là pour nous donner la force de les supporter."

"Toute chute nous élève en ce qu'elle nous rend plus petits."

"Faire briller dans l'ombre, comme une bougie toujours, la lumière de la fidélité."

"Le monde vocifère? Garder le silence. Le monde bouge sans cesse? Rester immobile. Le monde se disperse à outrance? Se concentrer le plus possible."

"En dépit de toutes les tempêtes en ce monde, la douceur inexorable de la confiance."

"Que cette journée qui commence avec la Source, finisse avec elle. Et que, pour la traversée du désert de ce monde, j'aie en réserve avec moi un peu d'eau vive. Quel voyage que celui de chaque jour. Qui sans cesse commence et jamais ne finit."

"N'être rien, et par là même rendre hommage au Tout."

"C'est à partir de la perte, en toutes choses, qu'on commence d'entrevoir l'aube de la vraie vie."


Georges Haldas
PAROLES DU SCRIBE

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06 juillet 2008

Paroles du scribe - 2/3

"La douce lumière du matin, par une journée radieuse, a secrètement quelque chose de commun avec le pardon."

"Le seul bonheur désespéré est de se donner corps et âme à ce qu'on aime. Quand bien même on sait que d'avance perdue est la partie."

"Nous sommes là, dans l'État de Poésie - et ceci dit sans emphase - pour unir le Ciel et la Terre. A notre niveau, bien entendu, et à notre mesure, comme l'a fait, dans la plénitude de sa relation au «Père», le Christ."

"Et toujours, et plus que jamais, le sentiment, pour moi, en dépit de l'âge, que tout commence. Parce que tout, sans doute, avec la mort, ne fait, pour chacun, que commencer. Ou si on veut encore: l'âge terrestre venu, on va vers la jeunesse de l'éternité."

"Semer sans se préoccuper de la moisson."

"Servir les autres, c'est servir la vie."

"Le pire en ce monde est de prendre le parti des vainqueurs. Et des personnages à succès."

"La seule concentration véritable - d'où le moi est banni - est dans la prière. Où même les turpitudes et les misères de notre moi sont transfigurées par la relation qui s'établit avec la Source. Et c'est le don total de nous-mêmes, avec le pire donc en nous, qui dans ladite prière transforme les ténèbres en lumière."

"Le silence du matin, la concentration, l'écoute des moindres bruits au-dehors, la fidélité inconditionnelle à la Source, voilà ma demeure favorite à chaque jour. Sans cesse ouverte au ciel parce qu'ayant ses assises sur terre."

"Au coeur de l'État de Poésie, l'État de Prière - sans paroles - qui est comme un rendez-vous, dans le silence, avec la Source. Et c'est de ce rendez-vous que naîtra la parole chargée de témoigner de tout ce qui fonde, à la fois, dépasse et magnifie toutes choses sur cette terre."

"Le visible n'a de valeur que parce qu'il porte en lui l'invisible. Qui le fonde. De même, si on ne vise pas l'impossible, le possible peu à peu se dissout. Ne laissant en nous qu'un grand vide."

"Ne jamais outrepasser ce qu'on est à cause d'une idée qu'on trouve belle ou enviable. Et qui n'est en fin de compte qu'illusion et mensonge. Mais être ce qu'on est dans notre minuscule empire. Là est le trésor (parce que là est notre coeur)."

"Me paraît que ce qu'il y a de plus important dans la vie des hommes - de chaque homme - c'est la prière."

"J'ai trouvé ma voie - se dit le Scribe -: c'est la station immobile. Car c'est à partir de celle-ci que commence le vrai voyage. Qui est descente intérieur vers le Centre. Et qu'est-ce qu'il y a au centre du Centre, sinon la Source. Invisible mais présente. Silencieuse mais parlante de par son silence même."

"La confiance ne se justifie ni ne s'explique. Elle se vit."

"C'est dans le silence qu'on est le plus relié au mystère."

"Le malheur des être qu'on aime, immanquablement nous ramène à un état de prière. Non pour soi, mais pour eux et, à travers eux, pour tous ceux qui, de par le monde, souffrent également."

"Mystère des mots. Suffit d'en écrire quelques-uns pour se sentir tout à coup, au milieu de la tempête, apaisé."

"Le grand homme est celui qui agit. Non celui qui parle. Mais le Christ, lui, agit et parle. Son dernier acte: la Résurrection. Et pour les paroles, quelles paroles! Inscrites dans l'éternité."

"Ce qui est puissance dans le monde visible devient, dans celui de l'invisible, impuissance. Et c'est bien pourquoi ni le pouvoir, ni l'argent, ni le sexe n'ont cours en ce dernier."

"Non pas chercher. Attendre. Non pas même attendre, mais faire en soi le vide. Pour que, sans obstacle, en nous soit la venue de l'autre."

"L'écriture est à l'image de tout être humain: dérisoire et néanmoins nécessaire."

"C'est quand on ne cherche pas à influencer autrui que sans doute on rayonne le plus."

"Le véritable amour, pour un être, ne passe pas par la parole."

"Rester sur une chaise, assis, à l'arrivée de l'aube. Et regarder le ciel. Le regarder longuement. Que de choses alors qui ne sont ni la chaise, ni l'aube, ni le ciel nous seront révélées. Qu'aucune science ne nous apprendra."

"Pour être vraiment avec le monde, tourner le dos au monde. Non pour s'y dérober et le fuir. Mais pour le rejoindre intérieurement et, à travers le royaume invisible, le revivifier."

"Quand bien même, en ce monde asphyxié par l'économisme et la technologie, plus personne ne lirait de poèmes, si ceux-ci nous viennent, les écrire."

"C'est dans le silence qu'on perçoit quelque chose comme le bruissement de la réalité. Le coeur de l'invisible. Que l'on sent palpiter également pendant qu'on écrit. Et qui n'a rien à voir le plus souvent avec ce qu'on écrit. La part cachée de l'écriture. La plus précieuse peut-être."

"Il n'y a de paix véritable que dans le pardon."

"Dix minutes de TV avec les spots publicitaires et la seule tête de certains présentateurs, et on pense aussitôt à Bernanos: «L'homme mourra de bêtise.»"

"C'est précisément quand tout vous est contraire ou hostile - dans le désert intérieur - que plus nettement se dessine la voie. C'est donc un bienfait et même un grâce, par moment, que le «rien ne va plus»."

"Plus la faute est grave, plus précieuses sont les larmes de qui en prend conscience."


Georges Haldas

PAROLES DU SCRIBE

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27 juin 2008

Paroles du scribe - 1/3

"On passe, dans nos vies, de la naissance d'en bas à celle d'en haut."

"La joie est l'expression de la suprême liberté dans la relation à la Source."

"C'est dans le silence et la solitude qu'on pressent la plénitude de la relation vitale."

"C'est quand je m'en tiens aux petites choses, que les grandes me sont révélées."

"L'essentiel ne peut se rencontrer que du côté de l'intime. Jamais au-dehors. Ainsi le mystique sera-t-il toujours plus près de la Source que le scientifique préoccupé par le tissu de l'univers."

"C'est d'un pas paisible qu'il faut s'avancer sur le chemin de la nuit."

"La tâche suprême dans l'État de Poésie - pour moi du moins - est de contribuer à rendre Dieu présent au sein d'un monde qui l'ignore plus qu'il ne le conteste. Bref, renouer la relation. La vivifier."

"Tu écris dans le désert, dans la nuit et dans le vent. Ne t'inquiète pas. Continue."

"L'évidence se passe de mots, dans la mesure précisément où elle est clarté dans le mystère et, dans le silence, mystère dans la clarté."

"On ne peut distribuer son coeur. On ne peut, chaque fois, que le donner."

"Oui, regarder cette lumière. L'accueillir en silence. A travers laquelle s'ouvre en nous le chemin de la Source. Nul commentaire à cela qu'on ne peut que vivre."

"L'exemple même, chez le Christ, du ressourcement: Le matin, bien avant le jour, il se leva, sortit et s'en alla dans un lieu désert, et là il priait."

"Les moments les plus précieux sont ceux où, inspirés par la Source, nous disons aux hommes ce qu'ils ont besoin d'entendre."

"C'est quand je ne vois personne, que tous m'habitent."

"Seul le silence, entre les mots, peut dire ce que les mots eux-mêmes ne sauraient dire. C'est notre vécu, à travers lui, qui parle."

"La rosée du matin, c'est comme les larmes de joie de la Création!"

"Tout bêtement, dans la vie ordinaire, il faut qu'une porte soit ouverte pour qu'on puisse entrer. De même avec notre maison intime. Si on peut dire. Il faut que la porte soit ouverte pour que l'autre ou le Grand Autre puisse entrer. Correspondances souvent entre vie quotidienne et vie intérieure."

"Il y a dans le chant des oiseaux ou dans n'importe quelle manifestation dite naturelle quelque chose de mystérieux et comme d'antécédent à elle. Cela qui n'est pas elle, mais qui lui permet d'être. L'invisible énergie fondatrice de toutes choses. Et qui a comme la douce plénitude de l'amour."

"C'est par le silence que parle en nous le Verbe. Et non par notre langage à nous. Le Verbe en effet, comme le poème, est d'avant les mots."

"Ai remarqué à plusieurs reprises que plus on descend dans l'intériorité, autrement dit, plus on est en relation avec l'invisible, avec la Source, au coeur de l'invisible, plus on est amoureusement attentif, si j'ose dire, aux moindres pépites de la réalité extérieure."

"La calomnie divise et le louange unifie."

"A l'océan de misère en ce monde il faudrait répondre par un océan de prières. On est loin du compte."

"Vivre vraiment, c'est être lumineux."

"Nier Dieu la Source, c'est tarir l'homme ruisseau."

"Votre gloire est dans le silence."

"Que de marche dans le désert, jour à jour, pour trouver enfin une oasis."

"Le vacarme contemporain est fait pour masquer le vide intérieur."

"Que faire devant cet état de choses, ce déplorable aveuglement? Rien. Sinon rester de plus en plus fidèle au Christ et à ce refus de toute puissance qui est le signe du véritable amour."

"C'est avec une douceur inaltérable qu'il faut résister au Mal. Une douceur plus forte, en réalité, et ferme que la violence."


Georges Haldas
PAROLES DU SCRIBE

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03 mai 2008

Justement parce qu'il n'y a rien, apparemment rien, bonheur ce matin dans la rue dite du Village. Soleil à peine voilé. La petite rue en question menant à cette place solitaire, elle aussi, où se trouve la non moins petite fontaine dont le murmure, précisément parce que tout est silence autour et désert, prend une importance considérable. Je veux dire: suscitant par sa ténuité même - et sa constance - comme un écho fertile en nous. En ce qu'il nous ouvre toujours à d'infinies profondeurs. On sent, par exemple, avec force et douceur, qu'il y a une secrète correspondance entre l'eau, sa présence, son murmure et ce qu'il y a de plus secret en nous.

Georges Haldas
Fragments d'une graine

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08 avril 2008

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Photo: Reno

Noter, un jour, tout ce qu'une série de rencontres, au cours d'une seule journée, t'apportent. Par la présence des êtres plus encore que par leurs propos. Tout ce que ces rencontres, en toi, fécondent. Autrement dit, tout ce qu'elles t'inspirent. Qu'est-ce, en effet, que l'inspiration, sinon le souffle venue de l'autre; et qui dépose en nous des graines, lesquelles germent en nous, et font de la parole que l'on profère, alors, un souffle à son tour fécondant.

Georges Haldas
Fragments d'une graine

Posté par hurluberlu à 20:57 - Georges Haldas - Commentaires [1] - Permalien [#]
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